interview du 18 octobre 2007

Posté par dominique le 18 janvier 2007

DEMAIN SOIR, face à l’Argentine, au Parc des Princes, Christophe Dominici honorera sa 67 e sélection sous le maillot du XV de France. En son for intérieur, « Domi » rêve de terminer sa « troisième Coupe du monde sur une note positive pour offrir un peu de bonheur au chaleureux public de France, à tous ces gamins qui ont vibré depuis le début de la compétition ». Toutefois, même si les Bleus décrochent la médaille de bronze, cette maigre consolation n’atténuera pas son immense déception.

L’enfant de Solliès-Pont ne se masque pas la vérité : « ce Mondial s’achèvera par un échec. Quand on vise le titre et qu’à l’arrivée on ne le décroche pas… » Depuis quatre ans, Dominici s’était préparé comme un fou. Terminer à 35 ans sur un titre de champion du monde était le rêve de sa vie. Ce devait être l’apogée de sa carrière. Depuis une semaine et la défaite en demi-finale devant l’Angleterre (14-9), tout s’est effondré. Domi ne dort plus. Il rumine.

« On ne m’a pas donné les moyens d’aller au bout »

Même ses deux essais inscrits à Marseille devant la Géorgie, qui ont fait de lui le meilleur réalisateur français de la Coupe du monde avec huit essais, n’apaiseront pas sa colère. Ce Mondial, il rêvait de le jouer. A l’arrivée, Laporte, son ami, ne lui a offert que deux titularisations lors de l’ouverture ratée face à l’Argentine, puis la Géorgie, avant de lui octroyer dix minutes devant les Blacks et vingt face aux Anglais. A mots couverts, Dominici en veut à la terre entière. « Je suis en colère, je m’en veux, s’insurge-t-il, on ne m’a pas donné les moyens d’aller au bout de la compétition. » Et Dominici, déçu, malheureux, frustré, de préciser : « C’est facile de critiquer le système, les hommes qui ont des responsabilités. Les premiers acteurs, ce sont les joueurs. Quand on n’est pas à la hauteur sur le terrain, c’est tellement facile de se décharger… »

Compétiteur dans l’âme, l’ailier des Bleus, qui s’est beaucoup investi depuis le début de l’aventure, se refuse à tirer sur l’ambulance. Il ne se prive pas cependant de marteler certaines vérités et de condamner néanmoins certains choix. « Pour être champions du monde, assure Dominici, il faut des grands hommes, de grandes performances individuelles. Or les hommes de talent, on les a laissés sur la touche (…) ». La leçon, il la tire déjà. A regret. « Cette équipe avait le potentiel pour faire mieux, mais on ne méritait pas d’être en finale. » S’il pouvait remonter le temps et revenir au 7 septembre, date du début de la compétition, Dominici agirait sans doute différemment. « J’aurais dû penser à moi, avant de songer aux autres… », maugrée-t-il. Cela aurait-il suffi pour changer l’histoire ? On ne le saura jamais.

En attendant, une chose est sûre, Christophe Dominici ne sera jamais champion du monde. Pour le Varois, la pilule est dure à avaler.

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